Quatre mois déjà ! une Fabrique des Arts au service de la création et de la transmission

Publié le: August 7, 2026

Depuis sa création, la Fabrique des Arts s’est consacrée à sa mission de soutien à la création, à la formation et au développement des arts vivants dans le Grand Sud. En quelques mois, l’institution a pris des initiatives pour accompagner les artistes et les acteurs culturels, favoriser les échanges professionnels et proposer au public des manifestations culturelles. Un premier lancement avait d’abord lieu à Port-au-Prince, que la Fabrique quittait pour prendre racine aux Cayes : une conférence de presse, suivie de deux spectacles présentés par le Festival Quatre Chemins et la Bit-Haïti, deux organisations membres de la Fabrique.

Au mois d’avril, la Fabrique des arts s’installait officiellement : conférence de presse, rencontres et spectacles, auxquels participaient la directrice de l’Agence Française de Développement, qui finance l’institution, l’ambassadeur de France, des membres des organisations fondatrices et artistes, acteurs culturels et public cayens. Une première réunion rassemblait artistes et acteurs culturels autour des enjeux du secteur dans la région. Ces premiers échanges permettaient de poser les bases d’un dialogue appelé à se poursuivre dans la durée.

Place ensuite au spectacle vivant, moteur de la Fabrique des arts : après un premier atelier d’interprétation de textes organisé par la Fabrique, un premier spectacle proposait en première partie des textes de poésie et de slam écrits et dits par des artistes locaux. La soirée se poursuivait ensuite avec une performance de danse traditionnelle organisée par plusieurs compagnies de la ville et rythmée par six tambourineurs.

Le lendemain, un concert proposant différents styles musicaux mettait le point final à cette semaine de lancement qui avait rassemblé un public nombreux, heureux de voir ses artistes performer. Ce premier événement avait le ton à une programmation axée à la fois sur la création, la transmission, la formation et la rencontre avec le public. La Fabrique pouvait commencer à travailler en profondeur.

 

L’une des premières activités programmées était un atelier de professionnalisation pour les tambourineurs de la région : dirigés par le maître tambourineur Cisco Lafrance, assisté par les tambourineurs cayens Ricardo Paisible et Fen Josil, une quinzaine de participant(e)s, dont deux femmes, ont travaillé pendant trois semaines, cinq heures par jour, pour approfondir leur pratique des rythmes traditionnels haïtiens, avant de présenter leur travail lors d’un concert de restitution accueilli avec enthousiasme par le public.

Dans la continuité de cette démarche, la Fabrique mettait en place en partenariat avec l’IPDEC un cours hebdomadaire d’initiation au tambour pour jeunes débutant(e)s, dirigé par Ricardo Paisible, assisté de Fen Josil. Cette formation, à laquelle plusieurs jeunes femmes participent, continuera jusqu’au mois de décembre et sera clôturée par une restitution publique. Elle sera complétée par un stage intensif de dix jours au mois d’août, financé par l’IPDEC.

 

Le théâtre occupe aussi une place importante dans les activités de la Fabrique. Sous la direction de Michèle Lemoine, deux ateliers d’initiation étaient organisés au profit de jeunes comédiens et comédiennes en partenariat avec la troupe Lakou Kannari et l’Alliance Française des Cayes, offrant aux participants un espace d’apprentissage, d’expérimentation et de développement de leurs capacités d’expression scénique. Cette formation théâtrale doit continuer à la rentrée de septembre avec un stage intensif, qui sera clôturé par un spectacle de restitution.

Soucieuse de favoriser la circulation des savoirs et des expériences artistiques, la Fabrique accueillait aussi pendant trois jours une Master Class d’humour animée par Gaëlle Bien-Aimé et Cantave.K, dans le cadre de leur venue aux Cayes pour la représentation du spectacle SST qui rassemblait plus de cinq cents personnes venues découvrir une proposition artistique mêlant humour, satire sociale et réflexion citoyenne. Cette courte formation a suscité beaucoup d’intérêt chez les participants(es), qui ont réclamé une formation plus approfondie. Une réflexion est en cours pour voir ce qui est réalisable l’année prochaine.

Durant cette période, le dialogue avec les acteurs culturels était demeuré au cœur de l’action de la Fabrique, entre autres dans le cadre d’une rencontre organisée par Café Philo et une participation à la conférence sur l’économie orange organisée par la Fokal dans le cadre du projet REVIV de l’Union Européenne.

Une autre rencontre stratégique permettait de poursuivre les échanges engagés avec les artistes et acteurs culturels lors du lancement autour des défis liés à la création, à la diffusion, à la communication et au développement du secteur culturel dans le Grand Sud. Elle coïncidait avec la visite d’une délégation composée notamment de Michèle Duvivier Pierre-Louis, présidente de la FOKAL, de Lorraine Mangonès, directrice exécutive de la FOKAL, de l’autrice Edwidge Danticat, de la réalisatrice Patricia Benoit et d’Allenby Augustin, directeur du Centre d’art et président du conseil d’administration de la Fabrique. Leur participation a suscité des discussions animées autour des perspectives de développement culturel dans la région.

Au cours de cette visite, les membres de la délégation découvraient les locaux de la Fabrique des Arts, visitant notamment le site qui va accueillir la future scène de la Fabrique, et qui souhaite devenir un lieu de création, de répétition, de formation et de diffusion au service des artistes du Grand Sud. Cette visite a permis de mieux mesurer l’ambition du projet : doter la région d’un espace dédié aux arts vivants, capable d’accompagner le développement de la création artistique tout en favorisant la rencontre entre les artistes et le public.

La Fabrique a également accueilli la projection de la websérie documentaire « Ayiti, Dèt la » / « Haïti, la Dette », réalisée par Michèle Lemoine et produite par la FOKAL. Présentée en partenariat avec l’IPDEC et l’Alliance Française des Cayes, cette activité a offert au public l’occasion de découvrir les dix épisodes de la série et de participer à des échanges enrichissants autour de l’histoire de la dette de l’indépendance d’Haïti.


Tout récemment, la Fabrique des Arts a organisé un atelier d’écriture de chansons et de composition consacré aux questions de genre, réunissant de jeunes chanteuses et musiciennes, ainsi qu’une slameuse des Cayes sous la direction de Michèle Lemoine. À travers l’écriture et la musique, les participantes ont développé des créations originales abordant différentes réalités liées à la condition des femmes en Haïti. Les répétitions se poursuivent actuellement en vue d’une restitution publique qui sera annoncée prochainement.

À travers l’ensemble de ces initiatives, la Fabrique des Arts réitère sa volonté de créer des espaces où les artistes peuvent se former, expérimenter, collaborer et partager leurs œuvres avec le public. En quelques mois, elle tente de devenir un lieu de rencontre, de création et de réflexion, contribuant activement à l’enrichissement de la vie culturelle aux Cayes et dans le Grand Sud.

 


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