Au son des tambours : une soirée qui a reconnecté le public aux racines haïtiennes

Publié le: May 27, 2026

Bien avant le début du spectacle, le public avait déjà commencé à remplir l’espace. Beaucoup étaient là par curiosité, avec une question simple : à quoi ressemble réellement un concert centré uniquement sur le tambour traditionnel haïtien ? Au fil de la soirée, cette curiosité s’est transformée en admiration.

Sur scène, les tambourineurs se sont donnés entièrement. Hommes et femmes, jeunes et plus expérimentés, chacun apportait son énergie, sa sensibilité et sa présence dans l’exécution des rythmes. Sous la direction de Sardau-Francisco Lafrance, assisté de Ricardo Paisible et Fen Josil, les prestations ont révélé un travail rigoureux, mais surtout une profonde connexion avec la tradition.

Photo : Gentillon Francklin

Le programme faisait voyager le public à travers plusieurs rythmes du patrimoine haïtien : Calypso, Wongòl, Maskawon, Yanvalou, Contredanse, Jumba, Nago, Ibo, Congo Fran, Congo Payèt, Mayi ou encore Rara. Entre les enchaînements, les roulements, les variations de tempo, les chants traditionnels comme Anba tonèl la et Kouzen, le spectacle avançait comme une montée en puissance continue.

Ce qui frappait surtout, c’était l’engagement des artistes. Certains jouaient avec une intensité presque physique, d’autres laissaient parler la précision technique et la complicité avec le groupe. Le tambour devenait tour à tour rythme, dialogue, mémoire et langage.

Photo : Gentillon Francklin

Dans la salle, les réactions ne se faisaient pas attendre. Des enfants suivaient chaque mouvement avec fascination. Certains tapaient discrètement le rythme avec leurs mains ou leurs pieds, complètement absorbés par ce qu’ils découvraient sur scène. Des adultes, eux aussi, semblaient redécouvrir une richesse culturelle parfois trop peu mise en avant dans les espaces de spectacle.

Et plus la soirée avançait, plus le lien entre les artistes et le public devenait fort. À la fin du concert, alors que les dernières notes s’éteignaient, plusieurs voix dans la salle réclamaient encore une autre prestation. Personne ne semblait prêt à quitter cette ambiance.

Au-delà du spectacle, cette soirée rappelait quelque chose d’essentiel : le tambour n’est pas uniquement un instrument de musique en Haïti. Il porte une mémoire, une spiritualité, une manière de raconter et de transmettre. Et voir autant de jeunes tambourineurs s’approprier cet héritage avec autant de sérieux et de passion donnait au concert une dimension encore plus forte.

Le temps d’une soirée, les tambours ont réussi à réunir générations, sensibilités et émotions autour d’une même pulsation. Et c’est probablement cela que le public retiendra le plus.


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